De Pierre Reverdy, le fondateur de la revue Nord-Sud, le poète au prénom de galet et au nom de prairie qui préféra le retirement toujours possible aux estrades souvent encombrées, paraît aujourd’hui, dans un seul et même volume, Sable mouvant, Au soleil du plafond, la Liberté des mers, suivi de Cette émotion appelée poésie. Ce volume succède donc à Plupart du temps et Main d’œuvre : tous les écrits poétiques, tous les textes de Reverdy sont enfin au format de poche. Que dire de ces poèmes écrits entre 1917 et 1959 ? Qu’ils nous attendaient, nous appartiennent. Nous avons tous une place dans ces textes nés d’un contact privilégié avec le monde et le paysage naturel ou urbain – les plus belles collines, les plus beaux trains, les plus belles lucarnes sont chez Reverdy -, mais également d’un refus catégorique de ce buveur d’ardoises et d’horizon d’écrire des « poèmes de circonstance » ou des « poèmes engagés ». Que nous disent ces poèmes écrits entre 1917 et 1959 ? Qu’une vraie parole d’homme laissera toujours « sur la face du ciel […] des mouvements de traits qui ressemblent à un sourire ».