Pey


sergepeyDeux forêts morflent : la forêt d'Amazonie et celle de l'esprit. Là-bas, on arrache des troncs qui sprintaient vers le ciel. Ici, on éradique une imagination qui permettait de l'atteindre. A cette éradication participent activement les romanciers « réalistes » et les auteurs de documents, les premiers nous imposant leurs descriptions formatées, les seconds leurs preuves, leurs reconstitutions.

Contrairement à ces innombrables petits gérants de l'éphémère, Serge Pey n'a renoncé ni au monde, ni au ciel, ni aux échelles de mots qu'il appuie, à chaque recueil, à chaque poème à la façade des nuages. Serge Pey est formel : le Pont Neuf qui, à Toulouse, enjambe la Garonne n'était pas un pont mais le « dentier du vent ». Pey a des visions, et les mots qui sortent de sa bouche fertile sont énigmatiques et concrets comme des pierres. Illustrés par José Luis Cuevas, les mots nouveaux de Pey ont pour titre Visages de l'Echelle de la Chaise et du Feu. Barreaux de flammes, dossiers de ciel, tisons de chair : quel festival, quel carnaval, et que de litanies ! Ecoutez Pey, entrez dans sa folle fable, matez ces video-clips :

Je change le
calendrier de la
clarté
je place trente
dimanches
dans une nuit
Tous les jours
Ma grand-mère
Lave le soleil
Dans la rivière.
Serge Pey est au lavoir : le monde est blanc. La neige sans doute...