Le King du nouveau monde.
"7 fois vainqueur du Tour de France, Lance Armstrong
a raccroché le 24 juillet 2005. Pour le retrouver – sa classe, son
punch, ses envolées foudroyantes -, j’ouvre Champion de Christian
Laborde. Je lis, je relis ce solo fulgurant et je revois tout.
Lance
est là, archivivant, dans sa dernière ascension. C’était le Pla D’Adet,
dans les Pyrénées. Un truc de fou, « le Golgotha ». Une route noire
longue de 10 kilomètres pendant lesquels Laborde ne va pas lâcher son
héros. Il court sur le bas côté, tape dans les mains et chante le King
du Nouveau monde d’une langue qui, seule, sied aux artistes de la
Petite Reine : la langue des poètes, celle qui mêle D’Artagnan et Clint
Eastwood, Anquetil et Eminem, Mike Tyson et la silhouette de cuir jaune
d’Uma Thurman.
Il faut en effet des mots de foudre et de flamme, des
jabs sonores pour raconter ce que fut Lance. Son enfance texane de
gosse turbulent. Ses débuts de coureur tout terrain, buveur de bière et
champion du monde sur route à Oslo en 1993. Son cancer qu’il terrasse,
qu’il tue au corps à corps. Puis ses coups d’éclat permanents, depuis
1999, sur les routes de France.
Harnaché à l’enthousiasme de
Laborde, à sa joie qui épouse le souffle et les trajectoires de Lance,
les souvenirs sont au rendez-vous. Alpe d’Huez 2001 : l’œil d’Armstrong
planté dans le regard de Jan Ullrich, autre champion, alors qu’il prend
brutalement le chemin des fugues. Bourg d’Oisan-Gap 2003 : la chute
terrible de Joseba Beloki et Lance qui n’oublie pas – à travers pré,
buissons et caillasse – que le rodéo est un sport américain. Tourmalet
2004 : la musette d’un spectateur, en pleine bagarre, fait tomber
Armstrong avant que ce dernier ne se relève, manque de retomber puis
s’envole, fou de rage et d’envie d’en découdre avec la terre entière,
pour remporter l’étape. Pla d’Adet 2005 : le démarrage de Lance « à
l’endroit exact où Raymond Poulidor avait attaqué – enfin ! - le 15
juillet 1974 ».
C’est cette histoire que Christian Laborde nous
offre : « Il était une fois un homme né de l’autre côté de la mer. Cet
homme avait un vélo couleur de feu et, dans les jambes, des volcans. Il
n’était rien là-bas. La terre d’ici le fit roi. Et roi maintenant, il
l’est aussi là-bas. » Une épopée à l’heure où les artificiers du grand
rien veulent la peau de la Petite Reine.
Au cœur vibrant de
Champion, une image : Armstrong et Marco Pantani – le pirate, l’homme
au bandana - sur le mont Ventoux, dans le col de Joux-Plane. Un
champion, qu’est-ce ? Laborde signe son envoi : « Il est ce qu’il est /
La note jaune sur la portée. » La petite musique des héros n’est pas
prête de nous quitter."
Arnaud Le Guern
La Presse littéraire, septembre 2006
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"Lance Armstrong fut sûrement l’un des plus grands, peut-être le plus grand. Le plus mal aimé aussi, parfois même détesté. Christian Laborde qui, dans ce petit essai succulent et poétique, rend hommage au champion, résume bien cet état de fait en citant Sami Frey : « Depuis six ans, tous les étés, Lance Armstrong est notre Américain de service. On le déteste ou on l’adule. Si l’on s’exprime depuis son fauteuil, il est le responsable et le symbole à la fois de toutes les dérives du cyclisme – et de tous les maux que l’Amérique inflige au monde. L’Irak, c’est lui ; le dopage, c’est lui ; Bush, c’est lui. » Laborde nous invite à suivre Lance à la trace, dans ces cols qu’il connaît comme sa chaîne. Aucune chronologie, un beau désordre et de jolies plongées dans le passé de l’épopée et de la souffrance des grands grimpeurs : Raymond Poulidor, Jean Robic, Eddy Merckx, Bahmontes, Charly Gaul, etc. Des ombres passent, noms de coureurs miniatures et en plastique de nos dix ans : celle de Raymond Mastrotto, le Taureau de Nay. Celle du cancer de Lance, ce grand coureur. Aimons-le comme il a su aimer le Tour."
Philippe Lacoche
Le Figaro littéraire, jeudi 3 août 2006
"Poète rare, romancier de grand talent et conteur exceptionnel, Christian Laborde cultive sa différence sur les routes escarpées de sa passion: le cyclisme. Il nous entraîne au fil de sa plume sur les traces de Lance Armstrong, septuple vainqueur de la Grande Boucle. Avec un style aussi alerte qu'un sprinter, Christian Laborde contrôle sa course comme un pro pour nous faire retrouver le goût de la passion des héros."
Pascal Hébert
L’Echo Républicain, vendredi 7 juillet 2006
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Pau Web TV :
Interview de Christian Laborde, Dans Pau TV, le 11 juillet 2006, voir la vidéo
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« Christian Laborde ne jure que par Armstrong. Non pas Louis, celui qui chantait « C’est si bon… », mais Lance, celui qui a dit : « Je ne roule pas pour le plaisir, je roule pour la douleur. » Un plaidoyer qui va contre toutes les idées reçues, mais on connaît la passion de Christian Laborde et son goût du paradoxe. »
Jean-Louis Ezine
Le Nouvel Observateur, 29 juin-5 juillet 2006
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« L’œil de Laborde. Ses mots gros. Ses changements de rythme nés d'overdoses savantes préparées dans l'arrière boutique des pharmacies réunies de Nougaro, Lubat et Pantani. L’œil de Laborde du haut de ses Pyrénées, derrière le dernier lacet de cette fameuse route noire sur laquelle il vient d'accompagner Armstrong. Les pierres de Saint-Lary lui ont répété à lui, à lui seul, le cri du puncheur d'Austin . Un haka magnifique. »
Patrick Louis
La Dépêche du Midi, 28 juin 2006
Il est fêlé, ce Laborde. Complètement dingue lorsqu’il malmène la bécane, sa machine à écrire, son « Olivetti », son vélo « Mercier » à lui, son « Alcyon » ou son « Génial Lucifer » que montèrent jadis Poulidor, Brick Schotte et Jean Robic. Christian Laborde perd les pédales quand il chante les champions cyclistes, le vélo, les courses des géants de la route. Non, il ne chante pas, il crie, il hurle son enthousiasme, son ardente passion pour tout ce qui touche au vélo, à la route.
Ce passionné des mots et du verbe entraîne avec lui son lecteur dans le sillage de Lance Armstrong. Il s’égosille à encourager l’Américain, septuple vainqueur du Tour de France, mais il fait aussi partager son immense culture vélocipédique. Voilà qu’il fait parler Raoul Rémi s’adressant à Paul Néri lors de l’étape à Lourdes…Edouard Fachleitner coureur de classe et philosophe rêvant des bancs de Manosque lorsqu’il serait vieux et qu’il use maintenant…René Vietto et « ses jambes d’une fois », en 1934, lorsqu’il freinait dans les virages en grimpant les grands cols du Tour… Brambilla qui enterrait son vélo dans le jardin au lendemain d’une terrible défaillance !
Christian Laborde n’écrit pas dans ce nouvel ouvrage, il pédale à perdre haleine, court à côté de Lance Armstrong dans les Pyrénées. C’est un cri du cœur.
Pierre Rouchet
La Marseillaise, 19 juin 2006