J’ai dans la poche un compagnon fabuleux , un recueil de poèmes de Jérôme Leroy, au titre ultramoderne : Le déclenchement muet des opérations cannibales(1). Pas de jargon ici, pas de pose non plus, juste un homme, un verre de whiskey à la main, qui regarde, à la fois détaché et mélancolique, un monde trop vite passé des fées à l’effet de serre. Jérôme Leroy nous envoie, d’une chambre d’hôtel de Clermont-Ferrand, des SMS inoubliables, des polaroïds qui jamais ne se faneront. Et l’on se souvient avec lui d’une toile de Tom Wesselmann, d’un air de Marvin Gaye, et du corps cambré d’une jeune-fille, un matin à Pékin. Tout est délice.
Christian Laborde
(1) : Editions des Equateurs, 95 pages, 10 euros
(Le Nouvel Observateur, jeudi 22 juin 2006)