Je lis L’Equipe en juillet, durant le Tour, à la terrasse du bistrot en buvant des cafés aussi serrés que le jeans de la serveuse. Je me souviens de la Une du 13 juillet 1971. Elle disait : « Ocaña foudroyé ». Ou peut-être : « Le Tour foudroyé ». C’est la même chose : le Tour, en 1971, c’était Luis. Il avait chuté chez nous, dans ces Pyrénées que le Bon Dieu a créées, non pour séparer les Français des Espagnols comme le prétendent les livres d’Histoire, mais pour distinguer les grimpeurs des non-grimpeurs.
Donc, Luis « foudroyé » par le ciel, par la montagne déchaînée, expédié par la pluie torrentielle contre un rocher dans la descente du col du Menté. Je me souviens encore aujourd’hui de cet adjectif, « foudroyé », lu chez Madame Ténet qui vendait L’Equipe et La Nouvelle République des Pyrénées. « Foudroyé » : comment s’en étonner ?
Luis, cet homme hardi, n’était-il un champion ardent ?
Texte paru dans le supplément de l’Equipe du mardi 28 février 2006