Actualités Internet-ai http://www.christianlaborde.com fr 2010-10-21T00:00:00+00:00 daily 1 2010-10-21T00:00:00+00:00 Centre culturel le Parvis http://www.christianlaborde.com/article/article.php/article/centre-culturel-le-parvis 2010-10-21T00:00:00+00:00
Christian Laborde sera, à Pau, au centre culturel le Parvis, le jeudi 21 octobre à 18h

SOUK SYLLABIQUE
Salle d’exposition, 1er étage. Entrée libre.

“Je viens mettre le souk à la librairie du Parvis, le 21 octobre à 18h, à l’occasion de la sortie de mon nouveau roman, Le soleil m’a oublié, aux Editions Robert Laffont. C’est un roman romantique et rock, rockmantique. Je répondrai aux questions de Michel Malaval, aux vôtres et, comme j’aurai la luette bien chauffée et la langue ultra-tonique, je dirai une, deux, trois Vélociférations, extraites du spectacle Je me souviens du Tour , donné en juillet au Théâtre Saint-Louis et célébrant les Géants de la route à l’assaut des Pyrénées. Je ferai surgir les lacets d’Aubisque dans la salle et vous offrirai une rasade d’enfance. Venez, ça va causer, slamer, swinguer : du tempo dans la rentrée !”
Christian Laborde

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Conférence sur Claude Nougaro http://www.christianlaborde.com/article/article.php/article/conference-sur-claude-nougaro 2010-10-08T00:00:00+00:00 Christian Laborde donne une conférence sur Claude Nougaro :

- le vendredi 8 octobre à 20h30 à la Médiathèque de Pavie

- le samedi 9 octobre à 10h30 à la Médiathèque de Nogaro

- le samedi 9 octobre à 17h à la Médiathèque de L’Isle-Jourdain (projection du film « Nougaro à tombeau ouvert et à guichets fermés »)

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Salon « Livres en vignes » http://www.christianlaborde.com/article/article.php/article/salon-livres-en-vignes- 2010-09-25T00:00:00+00:00 Le samedi 25 septembre et le dimanche 26 septembre, Christian Laborde est l’invité, au Château du Clos de Vougeot, près de Dijon, du salon « Livres en vignes »

http://www.livresenvignes.com

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Les paradis verts du Pays basque et du Béarn - Christian Laborde interrogé par Txomin Laxalt. http://www.christianlaborde.com/article/article.php/article/les-paradis-verts-du-pays-basque-et-du-bearn-christian-laborde-interroge-par-txomin-laxalt- 2010-09-15T00:00:00+00:00 GEO N° 379, Septembre 2010 Les paradis verts du Pays basque et du Béarn Christian Laborde interrogé par Txomin Laxalt. Christian Laborde interrogé par Txomin Laxalt.

Une période ?

Le printemps. A Pau, c’est l’heure de la richesse et de la variété des verts : tendres, émeraude, foncés. C’est la saison où cette ville redevient ce qu’elle est : un jardin. Les verts se multiplient et le vent délicieux joue avec les bambous, qui sont comme des flûtes de Pan. Il faut voir en particulier le parc Beaumont, dans le centre historique, et ses centaines d’espèces rares et exotiques. Acheté par la ville en 1876, il a été redessiné par un architecte paysagiste dans un style anglais.

Un lieu ?

Le col d’Aubisque. C’est là où je vais applaudir, en juillet, les Géants de la route, les grimpeurs du Tour de France, qui sortent du peloton et s’en vont seuls dans les lacets cambrés. Lorsque je franchis ce col, à 1709 mètres d’altitude, je me souviens toujours des mots de Roland Barthes à propos du grimpeur aérien Charly Gaul : «  Nouvel archange de la montagne. Ephèbe insouciant, mince chérubin, garçon imberbe, gracile et insolent, adolescent génial, c’est le Rimbaud du Tour. »

Une saveur ?

La glace à la vanille de M. Montecon. Son camion Glacerie Béarnaise prend possession du parc Beaumont dès que le ciel est bleu. Et monsieur Montecon, pendant que vous dégustez votre crème glacée, vous parle de Federico Bahamontes, roi de la montagne, que l’on vit, en 1953, s’arrêter au sommet d’un col du Tour de France pour déguster…une glace à la fraise. Authentique.

Un bâtiment ?

Il s’agit d’un vieux hangar, rue Amédée Roussille, où enregistre le groupe punk Okploïde. Là, on est dans le Pau des rockers, car  ce hangar, ce studio dans lequel j’ai répété, avec le jazzman Francis Lassus un spectacle [ Je me souviens du Tour, Vélociférations] mêlant musique, slam, rap et conte populaire, est aussi utilisé par les fans de Harly-Davidson qui viennent réparer et régler les moteurs de leurs engins dans une ambiance de tapas et de sangria.

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Le plus jeune des Géants http://www.christianlaborde.com/article/article.php/article/le-plus-jeune-des-geants 2010-09-06T00:00:00+00:00
Il n’était que panache, et ses cheveux blonds semblaient posés sur son crâne comme de fins rayons de soleil. Il rayonnait dans l’exploit, l’attaque, l’assaut, n’assiégeant que les plus hautes citadelles. Bernard Hinault par exemple, qu’il distance, le 16 juillet 1984 dans l’Alpe d’Huez, histoire de remporter, dans les lacets les plus célèbres du monde,  son deuxième Tour de France.
Il avait tellement de classe, tellement «  la troisième jambe » qu’il remporte le Tour de France lors de sa première participation. Peu de maillots jaunes ont réalisé cet exploit. Seul Coppi. Seul Koblet. Seul Anquetil. Seul Gimondi. Seul Merckx. Et seul Hinault.  De tous ces Géants, il demeure incontestablement le plus jeune. Lui seul en effet était irrévérencieux. Le monde du vélo et du Tour est une mafia, avec ses parrains que l’on respecte, et leurs  porte-flingues que l’on craint. De cette hiérarchie, Fignon se moque. A l’aube de sa carrière, lorsque son coup de pédale fait déjà des merveilles, on lui demande son avis sur Eddy Merckx. Et le jeune homme pressé de répondre : « Merckx, connais pas ! »  Fabuleux Fignon.
Jeune, Fignon l’a été depuis le début. En effet sa première course, le Prix de la tapisserie Mathieu, disputé à Vigneux sur Seine, il le gagne détaché, le vent dans ses cheveux blonds, comme un cavalier piquant des deux dans un roman d’Alexandre Dumas. Il chevauchait ce jour-là un vélo de marque… Lejeune.
Le Figaro, mercredi 1er septembre 2010

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Stadium http://www.christianlaborde.com/article/article.php/article/stadium 2010-09-06T00:00:00+00:00
Comme vous, j’ai bourré le frigo de bières : blondes, brunes, rousses. Comme vous je prends place dans mon canapé et, comme vous, je vais me régaler,  regarder le Stade Toulousain escagasser, concasser, terrasser, massacrer, dénoyauter, pulvériser, le Stade Français.
Mais de quel droit, s’appelle-t-il le Stade…Français. De quel droit ce club, passé maître dans l’art, non du rugby, mais du défilé de majorettes, se prend-il pour le pays tout entier ? Comme l’Aviron est Bayonnais ou comme le Sporting Union est Agenais, le Stade en question n’est jamais que… Parisien. Que  la Fédération français de rugby se réunisse, convoque ces petits prétentieux, et les oblige à changer de nom. Qu’ils gardent leur maillot ridicule, leur truc en plumes autour du cou, surtout qu’ils rasent les murs. D’ailleurs, dans quelques instants, nous allons les raser un par un, à coups de boule. Ô William, ô Servat, loge ta tronche dans leur ventrèche et, ballon sous le bras, coupe-moi ces mecs en deux ! Une des différences entre Paris et Toulouse, c’est toi, ton énergie, ô belle sagaie de viande, ô missile de sang. Tu es le meilleur talonneur du monde, le seul que l’on surnomme «  La bûche ». Etre un arbre n’est pas à la portée du premier humain venu. Et Toulouse est une forêt de talents.
Le Stade Toulousain est supérieur au Stade dit « Français ». La preuve, on la trouve dans le dictionnaire. Combien de mots le Stade dit « Français » a-t-il fait entrer dans Le Larousse ? Aucun. Le XV de Toulouse, lui,  en aura imposé deux : « niaque » et « castagne ». Cette « castagne » qui, nous le savons, est aimée même de nos mémés, et cette « niaque » que le Petit Robert peine tant à définir. Je suggère à ceux qui préparent l’édition 2012 de ce dictionnaire de monter en face du substantif « niaque » une photo de Thierry Dusautoir. Ainsi  chacun comprendra-t-il le sens exact de ce mot natif de Garonne.
Je me demande également, chaque fois que je vois Vincent Clerc ou Cédric Heymans faire des étincelles et des crochets avant de filer vers l’essai si le mot « champagne », que l’on prétend rémois, n’est pas lui aussi d’origine toulousaine.
De l’énergie, de la castagne, de la niaque, des étincelles: doux Jésus, que les Parisiens sont mal barrés !
La Dépêche du Midi, 28 juillet 2010

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Salon Le livre sur les quais (Suisse) http://www.christianlaborde.com/article/article.php/article/salon-le-livre-sur-les-quais-suisse- 2010-09-04T00:00:00+00:00 Le samedi 4 et le dimanche 5 septembre, Christian Laborde, est l’invité, à Morges, en Suisse, du salon Le livre sur les quais.

Le dimanche après-midi, de 15h à 16h15, au Petit Salon des Etablissements Moyard, il répondra aux questions des lecteurs et de Pascal Schouwey, de 15h à 16h15

lelivresurlesquais@bluewinch.fr

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Mon nouveau roman est en librairie http://www.christianlaborde.com/article/article.php/article/mon-nouveau-roman-est-en-librairie 2010-08-23T00:00:00+00:00 Le soleil m'a oublié


Cher lecteur,

Je les ai mis en présence l’un de l’autre, et j’ai laissé leurs cœurs se débrouiller. Lui, c’est Marcus, 17 ans. Elle, c’est Roxane, trente ans, je crois. Marcus vit près du port de marchandises, pratique « la reprise individuelle » et la boxe. Roxane, quand elle se maquille, écoute Relator de Scarlett Johansson.

Marcus est au sac de frappe quand Roxane lui apparaît : « Elle porte une veste bleu marine, un chemisier blanc. Ses jeans étroits laissent voir ses chevilles. L’une d’elles est ceinte d’une fine chaîne dorée. De l’or, y en a aussi dans ses cheveux. C’est l’or d’une reine, rien à voir avec la blondeur pourrie des poufs qui tirent sur une paille à la terrasse des cafés. »

Vous trouvez « reine » une vieillerie syllabique: de la romance. Je vous répondrai que ce mot ne me déplaît pas, au contraire. Je pense que Le soleil m’a oublié, roman sentimental et rock, est une romance.

Salut.

Christian Laborde

Presse et vidéos

" Dans sa salle de bain, Roxane écoute Relator de Scarlett Johansson " :

[YOUTUBEXCx5sOj7SlA]

" Marcus court sur les quais avec dans les écouteurs The passenger d'Iggy Pop " :

[YOUTUBEy4hPnZUMBwA]

 

Christian Laborde décoré par Bernard Hinault

Pour ses livres, ses chroniques , notamment dans  Le Figaro, son spectacle Vélociférations consacrés à la Grande Boucle, l’écrivain Christian Laborde a reçu, des mains de Bernard Hinault, la médaille du Tour de France. Poursuivant son échappée, il déboule dans la rentrée littéraire, avec  Le soleil m'a oublié ( Laffont), roman  d’amour, incisif et tendre : « Lui, c’est Marcus, dix-sept ans. Elle, c’est Roxane, trente ans, je crois… »  
Le Figaro, samedi 28 août 2010

 

Floyd Mayweather est un des boxeurs préférés de Marcus.

Le voici à l'entrainement :
Voir la vidéo de Floyd Mayweather

Guide Livres du 2 septembre

Le soleil m’a oublié de Christian Laborde
La chronique d’un amour unique et ravageur. En un texte court, zébré de violence et de tendresse, Christian Laborde, au summum de son talent, raconte l’idylle entre un jeune boxeur et la maîtresse d’un caïd de banlieue. Il a 17 ans, elle en a 30. Il s’émerveille et elle l’éveille. Hélas, la jolie histoire tourne au drame de la jalousie quand l’amant trompé s’en aperçoit. Christian Laborde restitue avec une incroyable justesse les sensations émotionnelles et physiques de son héros. Cette « menthe à l’eau servie dans un verre couleur de nuit » se déguste comme un nectar. Un livre qui est l’hymne à sa dame d’un moderne Perceval.

S. L. DE M. Valeurs actuelles, jeudi 2 septembre 2010

Un roman uppercut

Christian Laborde propose une fiction pleine de violence, de suspens, d’amour, de sensualité, de grâce et de folie. Réussite totale.

Ecrivain talentueux, Christian Laborde a plus d’une corde à son arc. Biographe de Nougaro ( « Mon seul chanteur de blues », éditions La Martinière, 2005) et de Renaud (« Renaud », Flammarion, 2008), poète (« Congo », éditions d’Utovie, 1987), pamphlétaire, ennemi juré de la corrida (« Corrida basta », Robert Laffont), essayiste, fou de vélo ( « Le Roi Miguel », Stock 1995, « Dictionnaire amoureux du Tour de France », Plon, 2007), et surtout, surtout, bouillonnant romancier de haut vol ( il faut lire à tout prix son génial «  L’Os de Dionysos », Pauvert, 1999 , mais aussi « Soror », Fayard ,2003) En cette rentrée littéraire, le voici de retour avec un roman uppercut, plein de violence, de suspens, d’amour, de sensualité, de grâce et de folie : « Le soleil m’a oublié ».
Il nous invite à suivre les pérégrinations de Marcus, un jeune garçon à la fois bon, généreux. Et violent. C’est à cause de cette violence qu’il a été contraint de quitter le lycée. Pour la canaliser, il s’adonne à la boxe. Dans cet art, il s’exprime avec talent. Avec passion. Pour gagner de l’argent, il est veilleur de nuit dans un hôtel de passe où ses qualités de puncheur font merveille, au grand désespoir de costauds abrutis d’alcool ou de maquereaux qui se croient tout permis. L’hôtel appartient à Vico, comme le club de boxe dans lequel Marcus s’entraîne. Parfois, après avoir bu, il part cambrioler quelques maisons bourgeoises en compagnie de copains. Un soir, au cours d’un entraînement, il croise Roxane, la femme de Vico. Coup de foudre. Passion immédiate. Il ne peut l’oublier. Il brûle d’amour et de désir. Mais comment l’aborder ? Comme la retrouver ? Vico lui tendra involontairement une perche en lui demandant de venir réparer l’ordinateur de Roxane. Elle finira par lui proposer un rendez-vous. Marcus n’a jamais aimé avec autant d’intensité.
Mais on s’en doute, la belle histoire d’amour se terminera très mal. Car Vico a appris l’aventure de sa femme avec le très jeune homme. Le compte sera réglé à coups de nerf de bœuf…
Le court roman est mené tambour battant. Pas un gramme de graisse, pas un mot de trop dans ce texte étincelant, émouvant, tout en muscles comme un blues de Jimmy Reed.

Philippe Lacoche, Le Courrier picard, mardi 31 août 2010




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Lettre ouverte au Président de la République à propos de Lance Armstrong http://www.christianlaborde.com/article/article.php/article/lettre-ouverte-au-president-de-la-republique-a-propos-de-lance-armstrong 2010-08-23T00:00:00+00:00 Monsieur le Président de la République

Je ne viens vous entretenir ni de la crise, ni de la dette, ni des retraites, juste de l’essentiel: Le Tour de France. La France, c’est le Tour. Et le Tour, c’est Lance Armstrong. Qu’il soit fait, par vous, commandeur de la Légion d’honneur !

Je vois les gens honnêtes s’offusquer, les « Assis » grimacer, les procureurs s’étouffer : et le dopage ? Rappelons, Monsieur le Président, que Lance Armstrong n’a jamais été déclaré positif, et souvenons-nous du général de Gaulle. Désirant remettre la légion d’honneur à Jacques Anquetil, il fit taire les conseillers vertueux qui tentaient de le mettre en garde : « Dopage : quel dopage ? A-t-il oui ou non fait jouer la Marseillaise à l’étranger? »

Lance n’a pas fait retentir la Marseillaise à l’étranger, mais il fait du bien à la France. Grâce à lui, les virages fermés du Pla d’Adet, les passages les plus éprouvants de Hautacam sont connus au Texas et, en juillet, à New-York, la télé américaine diffuse des images du Tour. Grâce à Lance, les Américains, que seul le Super Bowl ferait vibrer, se passionnent pour ce Tour légendaire. Leur enthousiasme, nous le lisons sur les routes des Pyrénées où les « Texas Pride » et les « Go, Lance, go » écrits à la peinture blanche disputent la vedette aux « Aupa Indurain » et aux « Vas-y Jaja ». Que des mots si anciens et d’autres si neufs se mêlent de la sorte sur le revêtement granuleux de nos cols, nous renseigne sur l’éclatante santé d’un Tour que Lance, flanqué de ses pistoleros aura si souvent transformé en western. Oui, grâce à lui, l’Amérique connait désormais le Tour et, chaque année, des Américains descendent dans des hôtels de Lourdes et vont escaler sur leurs vélos Trek les pentes et les lacets.

Lance n’a pas fait retentir la Marseillaise à l’étranger, mais il fait du bien au Tour, à la France et aux Français. Il résiste à tous ses adversaires, surtout au pire d’entre eux : le Temps. Aucune horloge, aucun tic tac, aucune heure cruelle ne l’incite à prendre la retraite, à raccrocher, à devenir sérieux. A près de 39 ans, il est toujours là, prêt à en découdre. Grâce à Lance, ce temps qui passe et ne songe qu’à nous engloutir a tout à coup moins d’arrogance. Les exploits de Lance nous font oublier ce que, otages des agendas, prisonniers des routines, nous subissons chaque jour.

Lance mérite d’être fait commandeur de la Légion d’honneur car, en sus de faire briller d’un éclat neuf nos vieilles départementales, il donne une pêche incroyable aux malades qui se battent contre le cancer. Qu’est ce que le cancer ? Anquetil a répondu à cette question en confiant à Poulidor son calvaire : « Raymond, je monte un Puy de Dôme tous les jours ». Cette multiplication des Puy de Dôme, Lance l’a connue. Il a tenu, et le cancer a fini au tapis. Et celles et ceux qui affrontent ce mal terrible parlent comme Lance: « Ceci est un combat pour ma vie, et ce combat, j’ai bien l’intention de le gagner. »

Pourriez-vous, Monsieur le Président, remettre la Légion d’Honneur à Lance, le 22 juillet, au sommet de ce mythique Tourmalet que le Boss escaladera une ultime fois avant de rejoindre Paris?

Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, à mes sentiments les plus respectueux.

Lettre parue le 18 juillet 2010 dans le JDD

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La sieste http://www.christianlaborde.com/article/article.php/article/la-sieste 2010-08-22T00:00:00+00:00 Les draps, c’est du métis, je crois, et la maison, nous l’habitons en juillet. C’est la maison de l’orage, et j’aime lorsque, durant une conversation, Rebecca la nomme ainsi. Nous sommes tombés en panne devant cette maison, l’année dernière. Il faisait nuit, le tonnerre grondait comme jamais je ne l’avais entendu gronder, des coups d’une violence inouïe, extrêmement rapprochés, le volant vibrait sous mes doigts. Les éclairs lacéraient la nuit, des éclairs incandescents, avec du rose, du jaune. Les couleurs, on aurait dit qu’elles crissaient. Et, tout à coup, dans la lumière des éclairs, la maison nous est apparue. On a vu ses volets rouges, son avant-toit généreux, et le panneau « à vendre », avec un numéro de téléphone. Alors Rebecca est sortie de la voiture, elle a sprinté jusqu’ à la grille pour lire le numéro. Elle est revenue en courant, en riant, la pluie collait sa robe contre ses cuisses. Elle s’est engouffrée dans la voiture et elle a dit « On appelle, on l’achète. »

On a appelé, on l’a achetée, on y passe le mois de juillet. Rebecca prend ses congés en juillet. Elle n’a pas le choix : elle est la dernière arrivée dans la boite. Août c’est pour les anciens, et ceux qui ont des enfants. Juillet, c’est très bien, c’est parfait, c’est même mieux. Les grosses chaleurs, en effet, c’est toujours en juillet. La canicule que je redoutais, qui me laissait épuisé, j’attends qu’elle s’abatte sur nous depuis que nous avons acheté la maison. Comme un griot récite des paroles sacrées pour faire tomber la pluie, je prie les dieux qu’elle nous visite. Depuis que nous sommes passés chez le notaire, je ne trouve que des avantages au réchauffement climatique. Quand le soleil cogne, balance sur les bêtes et les gens des caissons de feu, la maison garde précieusement, sous son toit qui finit sa course dans les branches basses des arbres, derrière ses murs épais et ses lourds volets, la fraicheur caressante que la nuit offre vers une heure ou deux heures du matin. Et cette fraicheur salvatrice que la maison a stockée dans ses poutres, et qu’elle verse sur nous au plus chaud de l’après-midi, rend Rebecca encore plus désirable. Il faut dire qu’elle se déplace d’une pièce à l’autre, les cheveux rassemblés en chignon au-dessus de la nuque, pieds nus, en culotte. Il paraît que le paradis, dans l’au-delà, c’est pas mal. Je veux bien le croire. En tout cas, le paradis, ici-bas, c’est la culotte de Rebecca. Les draps, c’est du métis, je crois, ou du lin, des draps qui remplissaient les armoires lorsque nous avions pris possession des lieux, des armoires aux portes ouvragées, cirées, surmontées d’un chapeau de gendarme. Certains draps sont brodés, et l’on retrouve, parmi les volutes, les courbes, les crêtes des broderies, les initiales E et A. Quand elle avait ouvert les armoires, la première fois, Rebecca avait désigné de son index le E et dit c’est Eulalie. C’est le prénom qui figurait dans plusieurs des documents que nous avions lus et signés chez le notaire. Le A, on sait pas.

Une nuit, alors que, réveillés et blottis l’un contre l’autre, nous écoutions le souffle du vent et les soupirs rouillés des volets, Rebecca m’avait demandé si je pensais qu’Eulalie avait été heureuse dans cette maison. Comme je restais muet, elle m’avait parlé d’un roman qu’elle avait lu, et dans lequel il était question des armoires de jadis et du linge brodé qu’elles renfermaient :

- Et l’auteur, tu sais ce qu’il dit ?

- Non, je ne sais pas ce qu’il dit.

- Il dit que les femmes ouvraient souvent les armoires afin de glisser leur chagrin, leurs larmes entre les piles de linge. Puis elles refermaient l’armoire à clé. Et la clé, elles la gardaient sur elle, le temps que, dans l’armoire, les larmes sèchent.

J’avais passé ma main dans les cheveux de Rebecca, et, afin d’empêcher que la tristesse ne l’envahisse, je m’étais empressé de lui dire que j’avais moi aussi lu un roman :

- L’auteur, tu sais ce qu’il dit ?

- Non, je ne sais pas ce qu’il dit.

- Il dit que les poitrines menues sont les plus troublantes, les plus émouvantes, sans doute parce qu’elles empêchent l’enfance de mourir.

Dans un souffle, un souffle presqu’imperceptible, un souffle qui parvenait jusqu’à moi parce que c’était la nuit et parce que nous étions dans la maison des orages, elle m’avait demandé de l’embrasser.

La maison des orages renferme bien des trésors, et les draps en sont un, draps de métis donc, mais également de chanvre ou de lin, trésor enfouit dans les diverses armoires de la maison. Chaque pièce a son armoire. Il y en a même une dans l’escalier menant aux chambres. C’est pas une armoire mais une bonnetière. Elle contient elle aussi quelques draps et taies d’oreiller, mais surtout tout un assortiment de chapeaux de paille et de capelines. Les chapeaux d’Eulalie. Les chapeaux de paille, elle devait les mettre au jardin, quand elle soignait ses rosiers splendides. Les capelines, elle les aura coiffées lors des mariages, des communions, dans l’église au clocher plat devant laquelle je passe chaque fois que je vais acheter des cigarettes. Les chapeaux, Rebecca les a tous essayés, et je l’ai photographiée chaque fois que, vêtue d’un T-shirt, d’un short et chaussée d’espadrilles, elle venait vers moi, avec sa nouvelle coiffure, en adoptant la démarche des filles sur les podiums.

La plus grande des chambres, celle qui possède un balcon duquel on peut presque sans tendre le bras toucher les feuilles des arbres, est devenue la nôtre. C’était celle d’Eulalie, quand son mari était en vie. Puis, elle s’était installée dans la chambre du rez-de-chaussée qui donne sur les rosiers et dont j’ai fait mon bureau.

Les draps, c’est tantôt du métis, tantôt du chanvre, tantôt du lin, et c’est durant la sieste que la peau profite au mieux de la texture de chacun. Au moment de la sieste en effet, la maison libère complètement la délicieuse fraicheur que chacune de ses poutres, de ses pierres, de ses volets, de ses armoires ont dérobée à la nuit, et qu’elle garde en elle comme un fruit garde dans sa chair l’eau de pluie. Et c’est cette fraicheur qui, glissant sur nous au moment où nos paupières descendent, nous fait goûter pleinement la douce rugosité du chanvre, le lisse du lin, la souplesse du métis.

Les draps, c’est du métis, la souplesse des fils le dit à ma peau. Dehors, la canicule. Les chiens se taisent tous. Je lis un peu, puis je m’assoupis. Quand j’ouvre les yeux, voyant que je la cherche, Rebecca me rassure : « Je suis là. »

Elle vient vers moi. Le T-shirt qu’elle porte finit sa course juste au-dessus de son sexe rasé.

Paru dans Témoignage chrétien, juillet 2010

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